Le bouquet énergétique
Afin de produire l’énergie nécessaire au chauffage des bâtiments, les réseaux utilisent des énergies d’origines multiples : prioritairement des énergies renouvelables et de récupération (géothermie, biomasse, valorisation énergétique des déchets…), des combustibles de réseau (gaz) et des combustibles stockables (charbon, fioul). Cette diversité offre des avantages en termes de flexibilité, de sécurité d’approvisionnement et de stabilité des prix. Le recours à certaines énergies renouvelables ou de récupération permet de contribuer à la protection de l’environnement et à la préservation de l’emploi local.
Énergies renouvelables et de récupération
Bois-énergie
On appelle bois-énergie le bois valorisé par combustion. Tous les produits et sous-produits de l’industrie du bois peuvent être ainsi utilisés : sciures, écorces, chutes, bois d’éclaircies, déchets industriels banals, plaquettes de bois, etc. Le bois a un bilan CO2 neutre. En effet, le CO2 libéré par la combustion a été capté lors de la croissance de l’arbre. Si des arbres sont replantés, l’émission de CO2 due à la combustion est compensée par une absorption lors de la croissance de ces arbres.
Géothermie
La géothermie consiste à récupérer la chaleur qui se trouve dans le sous-sol de la terre. Cette chaleur est produite au centre de la planète. On peut l’utiliser pour alimenter le chauffage urbain. Pour cela, on réalise des forages de plusieurs centaines de mètres de profondeur pour puiser de l’eau naturellement chaude (températures entre 30 et 100°C), puis on la réinjecte à basse température dans le sous-sol après récupération de la chaleur.
Valorisation thermique des déchets
Une fois récupéré ce qui peut être recyclé ou composté, 36 %* de nos déchets ménagers font l’objet d’une valorisation énergétique. L’incinération des déchets ménagers libère des quantités de chaleur très importantes qui, plutôt que d’être libérées dans l’atmosphère, peuvent être valorisées par les réseaux de chaleur. Les usines d’incinération des ordures ménagères (UIOM) sont aujourd’hui très réglementées et surveillées, de sorte que les émissions de polluants sont extrêmement limitées.
Chaleur industrielle
De nombreuses industries rejettent des effluents à température élevée, dont la chaleur peut être récupérée et valorisée dans des réseaux.
Autres énergies renouvelables ou de récupération
D’autres ressources énergétiques peuvent être également valorisées grâce à des réseaux de chaleur. C’est le cas du biogaz produit à partir des déchets organiques (domestiques, agricoles ou agro-industriels) dans des méthaniseurs ou dans les digesteurs de stations d’épuration ou de décharges. Les biodéchets animaux (farines et graisses animales) sont un autre combustible intéressant issu de la biomasse.
Cogénération (gaz, biomasse…)
La cogénération consiste à produire simultanément de la chaleur et de l’électricité. Elle présente de nombreux avantages en comparaison à une production séparée de chaleur et d’électricité :
- Le rendement global est bien supérieur (80 %) : le rendement d’une unité de production d’électricité est de l’ordre de 35 % seulement.
- La revente de l’électricité permet d’abaisser le coût de la chaleur.
- A combustible et quantité d’énergie utile identiques, la cogénération produit moins de gaz polluants et d’émissions de CO2.
Ces énergies renouvelables et de récupération contribuent à stabiliser le prix de la chaleur, à fiabiliser sa fourniture et à améliorer notre indépendance énergétique.
*Source EUROSTATS 2007
Énergies fossiles
Gaz, fioul lourd et charbon
Ces énergies sont encore fréquemment utilisées en appoint. Conformément à la réglementation, le fioul utilisé est à très basse, voire très très basse teneur en soufre (fioul TBTS ou TTBTS). Dans les installations de grande puissance qui alimentent les réseaux de chaleur, diverses techniques d’amélioration de la combustion et de traitement des fumées permettent de rendre la combustion du fioul lourd et du charbon moins polluante. Ces énergies participent à la mixité énergétique.
Ces énergies présentent deux inconvénients :
Leur prix est sujet à de très fortes fluctuations (indexation du fioul et du gaz sur les cours du pétrole) et elles génèrent des rejets significatifs de gaz à effet de serre (GES). De par leur puissance, bon nombre de sites de production de réseaux de chaleur sont soumis au système d’échange de quotas de gaz à effet de serre, qui oblige à une réduction importante et continue des émissions.


